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domingo, 4 de septiembre de 2016

LE FIGARÓ; LUCY EST MORTE EN TOMBANT D!UN ARBRE


Notre ancêtre Lucy est morte en tombant d'un arbre


Reproduction de Lucy au Musée des Sciences Naturelles de Houston.
INFOGRAPHIE - Au scanner, le fossile de l'australopithèque montre des traces de fractures, signe d'une chute depuis une grande hauteur.
Lucy, la plus célèbre des ancêtres de l'humanité, n'avait apparemment pas coupé tous les ponts avec ses ancêtres les singes et passait encore du temps à grimper dans les arbres, d'après une étude américaine parue lundi dans la revue britannique Nature. Une pratique qui aurait même provoqué sa mort, à cause d'une chute depuis de hautes branches.
La petite australopithèque (1,10 m pour 29 kg) a beau avoir été découverte il y a plus de quarante ans, en 1974 à Hadar en Éthiopie, par une équipe scientifique comptant les Français Maurice Taieb et Yves Coppens, ses ossements ont encore bien des choses à nous apprendre. Et surtout quand on fait appel aux technologies les plus modernes, comme les chercheurs dirigés par l'anthropologue John Kappelman, de l'université du Texas à Austin.


Les scientifiques américains ont profité d'un des très rares déplacements du fossile de Lucy, conservé comme un trésor national par le musée d'Addis-Abeba en Éthiopie. De 2007 à 2013, plusieurs grands musées américains ont payé à prix d'or le droit d'exposer les véritables restes, complets à un peu moins de 40 %, de la plus célèbre représentante des Australopithecus afarensis. Lors de son passage à Austin, les chercheurs, avec l'accord d'Addis-Abeba, ont fait passer tous les ossements de Lucy dans un micro-scanner à rayons X, qui permet de détailler en 3D l'intérieur des fossiles avec une résolution bien meilleure que les appareils médicaux. L'opération a pris pas moins de 10 jours et a produit 35.000 coupes aux rayons X du squelette. Une précision aidant à faire l'autopsie de l'australopithèque, 3,2 millions d'années après sa mort dans les plaines éthiopiennes. «Lucy est précieuse. Il n'y a qu'une Lucy, et on veut l'étudier aussi bien que possible», explique Richard Ketcham, professeur de géologie à l'université du Texas à Austin et coauteur de l'étude. «Avec le scanner, on peut voir au cœur des fossiles, les détails et les structures internes dans les os.»

Consciente durant sa chute

Et c'est cette approche fine qui a permis aux chercheurs de détecter une fracture inhabituelle dans le fossile. L'extrémité de l'humérus droit (os du haut du bras lié à l'épaule) était cassée, non pas de manière franche et droite comme cela arrive parfois sur les ossements fossilisés, mais avec une série de petites fractures très nettes, accompagnées de fragments et d'échardes d'os encore en place.

L'anthropologue John Kappelma, de l'université d'Austin (Texas), tenant une reproduction 3D des ossements de Lucy.

«C'est une fracture de compression qui se produit quand la main touche le sol après une chute, ce qui projette les éléments de l'épaule les uns contre les autres et produit ce type de signature unique sur l'humérus», détaille John Kappelman. L'anthropologue américain n'est pas spécialiste de ce type de blessure, mais il a profité de l'expertise du Dr Stephen Pearce, chirurgien orthopédiste à Austin, qui a constaté la blessure sur une reconstruction 3D des ossements de Lucy. Pour compléter ce tableau, les chercheurs ont également détecté d'autres fractures, moins sévères, à l'autre épaule, à la cheville droite, au genou et au bassin du côté gauche. Un tableau clinique concordant avec une chute depuis une grande hauteur, qui aurait pu provoquer des dommages mortels aux organes internes. Lucy serait donc tombée d'une hauteur d'au moins 12 mètres, à presque 60 km/h. Ses pieds ont dû toucher le sol les premiers, la projetant vers l'avant. Sa blessure à l'humérus montre aussi qu'elle devait être consciente durant sa chute, et a tenté de se protéger en mettant ses bras vers l'avant.


«C'est une étude très intéressante, qui nous apporte un regard nouveau et très convaincant, plus riche que la stricte étude anatomique, sur la vie de Lucy et ses derniers instants», estime Jean-Jacques Hublin, directeur du département de l'évolution humaine à l'Institut Max Planck à Leipzig et professeur de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France. «Surtout cette étude apporte une nouvelle réponse à un vieux débat scientifique qui dure depuis la découverte de Lucy: elle était clairement bipède, mais avait-elle encore un comportement arboricole? Sa chute d'un arbre nous prouve que c'était probablement le cas.» Même si elle devait trouver la plupart de sa nourriture près du sol, elle devait encore trouver un avantage à grimper, peut-être pour se mettre à l'abri des prédateurs pendant la nuit.
«Je me réjouis de cette très belle étude, confie Yves Coppens, qui fut l'un des découvreurs de Lucy en 1974. Les Américains ont fait du beau travail, et j'avoue qu'ils répondent à une question, comment est morte Lucy, à laquelle nous n'avions jamais pensé en l'étudiant il y a quarante ans!» Contre l'avis initial de bien de ses confrères américains, Yves Coppens défend depuis longtemps l'idée que Lucy combinait à la fois la bipédie avec un comportement arboricole. Un compromis pas idéal d'un point de vue anatomique. «Elle marchait moins bien que ceux qui lui ont succédé et devait grimper moins bien que ceux qui la précédaient, et c'est malheureusement peut-être à cause de cela qu'elle est tombée», conclut Yves Coppens.

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